Le soleil rend son tablier doré de lumière et cède la tâche à la nuit pour nous faire rêver...La nuit enveloppe le paysage de son lin noir avec une douceur sans aucune autre pareille. La visibilité sur les routes de campagne diminue à mesure que je déambule sur ces boulevards bétonnés tapissés d'un jaune pâli par l'âge. Ces arbres guidant mes pas sont autant de protecteurs face à la peur qui me hantait depuis mon départ de la maison familiale.
Je l'ai fait ! L'envie a dépassé la raison et je me risque dans un inconnu aussi trouble qu' indécis. J'erre vers un but que la lucidité oublie...Ma tête me dit :" tu ne trouveras pas la solution là où tu vas. Reviens ! " et mes jambes aussi butées que folles, font l'inverse. Je ne suis que pantin de mon corps.
Mon père tenait le restaurant au rez-de-chaussée de la maison. Ma mère a dû arrêter son métier de greffière pour s'occuper de ma s½ur atteint de la maladie des os de verre, une maladie génétique rarissime qui rend les os extrêmement fragile. Une vie émaillée par les hospitalisations et les rééducations pour une jeune fille de 10 ans, dur....Quand on a appris le verdict à mes parents, mon père est venu me dire : " Ecoute, Simon, quand une personne nait, la vie lui donne un gros paquet de bonbons : d'abord, tu goûtes, puis tu le dévores, tu jettes ceux que tu n'aimes pas et quand il n'y en a plus, la vie reprend le paquet. Ta s½ur, elle , n'a reçu que très peu de bonbons et risque de perdre son paquet...". Je me souviens de ma réaction :" Mais, j'ai encore pleins de bonbons, je peut lui en donner ! ". Il a rit puis s'est effondrer dans mes bras.
C'était la première fois que je voyais mon père pleurer. J'avais 7 ans...
{Risoul-Bruxelles}
Ceci est une fiction. Tous les personnages apparaissant dans ce récit sont fictifs. Toute corrélation avec la réalité n'est pas voulue.
-H.P-